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Réguler le système de santé : un impératif pour maintenir la solidarité

8 settembre 2013 di Anton CAMP

Les dépenses de santé augmentent structurellement, notamment pour des causes exogènes, comme la diffusion du progrès technique. Comment renforcer l’efficience des dépenses de santé en évitant à la fois le rationnement et les transferts de charges massifs vers les organismes complémentaires, tout en conservant donc un haut niveau de solidarité ? Une présentation d’Anton Camp, contributeur santé pour l’Observatoire des think tanks (OTT).

Les dépenses de santé augmentent de façon structurelle depuis des décennies.

Les causes de cette augmentation sont principalement exogènes :

- la progression du niveau de vie (les dépenses de santé augmentent de façon plus que proportionnelle au niveau de vie)

- le progrès technique médical

- l’extension des couvertures assurantielles

- le vieillissement de la population (qui est toutefois un facteur plus secondaire)

Les dépenses de santé devraient continuer à croître dans les prochaines décennies. L’OCDE, le HCAAM, ou encore la DREES tablent sur le maintien d’une dépense spontanément plus dynamique que les revenus (quoique moins dynamique que par le passé).

La poursuite de la hausse devrait être tirée par l’innovation techno-médicale (médecine personnalisée, thérapies ciblées en fonction des spécificités génétiques et biologiques), le vieillissement démographique et l’émergence de maladies liées au mode de vie (alimentation déséquilibrée, sédentarité).

A l’inverse, l’arrivée à maturité des systèmes assurantiels, la stagnation du niveau de vie, la crise économique, devraient contribuer à limiter la hausse.

Toutefois, il est possible d’agir sur la dynamique des dépenses de santé (amélioration de l’efficience).

Contrairement aux retraites, pour lesquels les leviers d’action sont peu nombreux (durée de cotisation, âge légal de départ en retraite, niveau de cotisation ou de pension), les leviers d’action en matière de dépenses de santé sont très divers et ne se limitent donc pas au rationnement des soins ou aux transferts de charges massifs vers les organismes complémentaires :

- agir sur les déterminants de santé

- privilégier le « juste niveau » d’intervention

- favoriser les échanges d’information entre les acteurs du système de santé

- favoriser le développement des réseaux de soins conventionnés

En France, de nombreux think tanks s’intéressent à cette question. On peut mentionner les travaux récents de think tanks généralistes (Terra Nova ou l’Institut Montaigne), mais aussi ceux de think tanks thématiques comme le think tank économie santé.

Globalement, si les travaux des think tanks sur la santé s’appuyaient il y a quelques années principalement sur l’analyse économique, les travaux récents portent une attention plus grande à la notion de parcours de soins. Un consensus existe en effet sur l’idée que l’enjeu est désormais la réorganisation du système de santé autour du parcours de soins du patient.

Toutefois, la traduction de cette orientation est complexe et nécessite de toucher à des questions sensibles telles que la répartition des compétences entre professionnels de santé. En outre, les bénéfices d’une telle réorganisation ne seront pas effectifs avant plusieurs années. Or, en attendant, le déficit est toujours là…

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